Il est rentable de garder le cap

Par : Anthony S. Layton

À titre d’investisseurs, nous nous laissons souvent infl uencer par nos émotions. Lorsque le coeur l’emporte sur la raison, nous risquons de subir de nombreuses conséquences économiques malheureuses, notamment de piètres rendements sur nos placements. Si le comportement irrationnel des investisseurs existe depuis longtemps, ce n’est que récemment que les spécialistes des sciences du comportement ont commencé à étudier le phénomène afi n de mieux comprendre comment nous eff ectuons nos choix, évaluons les risques par rapport aux rendements et calculons les probabilités.

L’un des comportements les plus néfastes que les spécialistes aient découvert est l’instinct grégaire.  La plupart des investisseurs ont une nette propension à se comporter en moutons, encouragés par les messages  constants des mé dias sur les mouvements et les tendances des marchés. Jetez un coup d’oeil sur le gra phique de cette  page pour vous remémorer les hauts et les bas du marché canadien au début de l’année – un jour, les investisseurs liquidaient leurs actions car le marché semblait s’effondrer, le lendemain, les hausses pro noncées des cours en incitaient beaucoup à investir davantage. Ce comportement revient en fait à acheter à prix élevé et à vendre bon marché, l’inverse de ce que nous visons en tant qu’investisseurs.

Dalbar Inc., importante société d’études de  marché dans le domaine des services fi nan ciers, a analysé la façon dont les investisseurs américains ont acheté et vendu des parts de fonds  communs de placement entre 1984 et 2003. Elle a constaté qu’ils ont tendance à placer leur argent dans des secteurs qui ont enregistré  auparavant de solides rendements, ce qui est très préjudiciable aux résultats de leurs placements à long terme. En fait, l’investisseur américain  moyen a obtenu un rendement de 3,51 % par an sur la durée de l’étude, tandis que l’indice S&P 500 a dégagé 12,98 % pendant la même  période1.

D’autres chercheurs ont analysé les réactions des investisseurs aux possibilités de gain ou de  perte et ont conclu que la crainte d’une perte l’emporte largement sur la joie d’un gain équivalent. La peur de perdre de  l’argent incite de nombreux investisseurs à éviter les caté gories d’actif les plus risquées telles que les actions en  raison de la volatilité à court terme, même si leur rendement à long terme dépassera vraisemblablement celui de placements plus stables tels  que les CPG et les obligations.

De la même manière, certains investisseurs ne ressentent pas l’effet d’une perte tant qu’ils n’ont  pas vendu le placement perdant. Cette perception les conduit à garder des placements qui génèrent des pertes beaucoup plus long  temps qu’il faudrait sous prétexte que le cours remontera un jour, même si les études laissent présager le contraire. Vous vous souvenez de l’épisode Nortel?

Il est rare que la logique et les émotions aillent de pair en matière de placements. Le fait de  connaître les écueils d’un comportement émotif peut nous aider à nous prémunir contre nos instincts lorsque ceux-ci ne nous sont pas  bénéfi ques. Lorsque les marchés sont agités, nous devons garder le cap et ne pas céder à la tentation d’abandonner le navire.

1 Dalbar Inc., Quantitative Analysis of Investor Behaviour, 2004.

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Anthony S. Layton

Président du conseil d’administration et chef de la direction,
Gestionnaire de portefeuille
PWL Capital Inc.
Montréal